L'EXEMPLE DE L'ALLEMAGNE


La folle facture de la sortie
du nucléaire en Allemagne

par Frédéric De Monicault
publié par Le Figaro, le 18 janvier 2012

Le groupe industriel Siemens en estime le coût total entre 1400 et 1700 milliards d'euros d'ici à 2030. Le chiffre donne le vertige: 1700 milliards d'euros d'ici à 2030. C'est le haut de la fourchette - calculée par Siemens - des coûts pour l'Allemagne de sa sortie programmée du nucléaire. Le géant industriel, qui vient d'officialiser cette estimation, précise aussitôt que les investissements destinés à compenser l'abandon de l'atome seront à la charge «soit de la clientèle, soit du contribuable».
(...) Avant lui, l'électricien allemand RWE avait lui aussi chiffré le coût de la sortie de l'atome, à «seulement» 250 à 300 milliards d'euros. D'un industriel à l'autre, l'immense écart s'explique par la méthode. Siemens a pris en compte tous les éléments: remplacement des centrales nucléaires par d'autres moyens de production, aménagement des réseaux et surtout démantèlement des installations existantes.
(...)

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Les anti-nucléaire se concentrent désormais
sur le financement

par Claire Stam,
pour Novethic, Francfort, le 30 mai 2011

Dans un pays où l'hostilité envers l'atome est majoritaire, l'annonce par Berlin de la sortie officielle du nucléaire à l'horizon 2022 est bien sûr accueillie très favorablement par les anti-nucléaire. Pour eux, il ne s'agit cependant que d'une étape : la prochaine bataille se concentre d'ores et déjà sur le retrait des banques allemandes du financement international de l'atome.

Les imposantes tours jumelles de la Deutsche Bank font partie intégrante de la silhouette urbaine de la ville de Francfort. Rebaptisées "Green Towers" suite à leur rénovation écologique, qui se veut exemplaire, elles doivent représenter le nouveau parti-pris environnemental et climatique de la première banque commerciale du pays. Un véritable camouflet pour les opposants à l'énergie atomique en Allemagne. Dans sa contre-proposition lors de l'assemblée générale de la Deutsche Bank à Francfort, Markus Dufner de l'organisation "Kritische Aktionäre" rappelle ainsi qu'elle a investit 7,8 milliards d'euros dans le secteur atomique lors de ces dix dernières années, la propulsant en première place de toutes les banques allemandes finançant l'énergie nucléaire, et au septième rand mondial. "Même l'entreprise Tepco fait partie de ses clients de longue date ".

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L’énergie en Allemagne
et en France : une comparaison instructive

Les Cahiers de Global Chance, n°30, septembre 2011, 96 pages

Six mois après Fukushima et alors que l’Allemagne vient de confirmer son engagement à sortir du nucléaire, la France demeure le bastion idéologique de la nucléocratie. Décryptage d’une divergence intra-européenne majeure.

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« Sortie du nucléaire : je suis sûr que les Allemands y arriveront »
par Bernard Laponche,
Enerpresse, 8 juin 2011, 3 pages

La France aurait beaucoup à gagner à s’inspirer des mesures prises outre-Rhin pour promouvoir efficacité énergétique et énergies renouvelables, et, à terme, s’affranchir du nucléaire.

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Une Bad Bank
pour les centrales nucléaires ?

par Thomas Schnee,
paru dans L'Expansion, le 7 novembre 2011

A Berlin, les milieux de l'énergie et de la finance discutent très sérieusement de la création d'une Fondation qui reprendrait la gestion des centrales nucléaires allemandes afin d'améliorer les capacités d'investissements des grands opérateurs dans le renouvelable.

La révélation de l'existence d'un projet de création d'une « Bad bank » publique pour gérer le crépuscule des 17 centrales nucléaires allemandes provoque une polémique autour du financement de la sortie du nucléaire. Dans son édition du vendredi 7 octobre, le quotidien économique Handelsblatt a confirmé qu'il détenait les plans d'un tel projet. Elaboré par la banque d'investissements Lazard, celui-ci fait actuellement l'objet de discussion entre les milieux gouvernementaux et les grandes entreprises de l'énergie. Selon le journal, cette Bad Bank prendrait la forme d'une fondation à qui l'on transférerait la gestion des centrales appartenant à EON, RWE, Vattenfall et EnBW, les quatre grands exploitants allemands du nucléaire. L'objectif final serait de déléguer la charge du démantèlement à cette fondation afin de rétablir la crédibilité financière de leurs propriétaires et ainsi d'augmenter leurs capacités d'investissement dans les énergies renouvelables. Le démantèlement coûtera 28 milliards. (...)

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L’impact de la décision post-Fukushima sur le tournant énergétique allemand

par Andreas Rudinger
Working Papers n°5, IDDRI, 2012

Un article consacré aux conséquences, à court et long termes, de la décision allemande de sortie du nucléaire en matière de transition énergétique, pour l'Allemagne mais également pour l'Union européenne.

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE : UNE DÉCISION PROGRAMMÉE MAIS ACCÉLÉRÉE PAR FUKUSHIMA Les décisions post-Fukushima s’inscrivent dans un processus de sortie du nucléaire et de restructuration du système électrique engagé et préparé depuis dix ans. L’arrêt anticipé des huit centrales les plus anciennes a ainsi été compensé en 2011 par une augmentation de la production d’électricité renouvelable et une réduction du solde exportateur, sans engendrer un recours accru à la production d’origine fossile durant cette première phase d’adaptation.

LES DÉFIS À COURT TERME À l’horizon de la sortie définitive en 2022, la restructuration du secteur électrique représente un double défi : des investissements considérables sont nécessaires pour compenser le nucléaire et remplacer une partie des centrales à charbon ; et le décalage croissant entre le rythme de déploiement des énergies renouvelables et l’insuffisante adaptation des infrastructures- réseau représente une contrainte croissante pour l’Allemagne, avec des effets déstabilisateurs sur le système électrique européen. L’impact marginal des décisions post-Fukushima sur la réalisation de l’objectif climat 2020 devrait néanmoins être limité en cas de maintien d’une politique climatique rigoureuse et considérant que cet objectif avait été fixé en fonction du calendrier initial de sortie du nucléaire.

UNE STRATÉGIE DE TRANSITION GLOBALE ET À LONG TERME Tout en ayant une portée politique décisive, la sortie du nucléaire ne constitue pas une fin en soi, mais s’inscrit au contraire dans un projet de tournant énergétique à long terme. Celui-ci vise à atteindre une réduction des émissions de GES d’au moins 80 % à l’horizon 2050 à travers un effort important d’efficacité énergétique et une substitution des énergies fossiles par les énergies renouvelables dans tous les secteurs. Dans cette perspective, les décisions post-Fukushima pourraient jouer un rôle de déclencheur politique important par le consensus qu’elles ont suscité. A contrario, l’absence d’un signal politique fort dans la décennie actuelle augmenterait considérablement le risque d’un lock-in technologique et ralentirait la nécessaire sortie du charbon.  

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Les importations d'électricité d'Allemagne au plus haut depuis 2 ans

AFP, le 18 février 2013

Les importations nettes d'électricité de la France en provenance d'Allemagne ont atteint en janvier un plus haut depuis fin 2010, selon des données publiées lundi par RTE, l'entreprise qui coordonne les échanges d'électricité entre la France et les pays voisins.

En janvier, la France a exporté 169 gigawattheures (GWh) d'électricité vers l'Allemagne et en a importé parallèlement 1.739 GWh, soit un solde importateur de 1.570 GWh, indique RTE dans son "aperçu" mensuel du système électrique français.

"Le solde mensuel avec l'Allemagne reste importateur depuis octobre 2011", et "il atteint même son niveau le plus élevé observé depuis décembre 2010, dépassant le solde de février 2012", souligne RTE. Et cela alors même que le pic de consommation d'électricité en janvier s'est établi à 92,6 gigawatts, bien en-dessous du record historique de février 2012 (102,1 GW). 

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8,2 Milliards de Kwh
d'excédent à l'exportation

paru sur Sonnenseite.com, le 20 juin 2012
article original : 8,2 Milliarden kWh Stromexportüberschuss

traduction Charlotte Mijeon

Au premier trimestre 2012, l'Allemagne a de nouveau exporté beaucoup plus de courant qu'elle n'en a importé. La société Energiebilanzen [AGEB] vient d'actualiser ses données sur l'économie allemande ; ces chiffres montrent que l'économie allemande de l'électricité se développe particulièrement bien. Bien que huit réacteurs nucléaires aient été définitivement fermés en 2011 et qu'il n'y en ait plus actuellement "que" neuf en service, la balance commerciale du commerce d'électricité allemand connaît de nouveau un important excédent au premier trimestre 2012. Cette performance est atteinte au trimestre même où, du fait des conditions hivernales, la consommation d'électricité est la plus haute en Allemagne. En ce premier trimestre, d'un point de vue comptable, quatre des neufs réacteurs restants n'ont produit que pour l'exportation.

Ces chiffres démentent tous ceux qui ne font qu'attiser les peurs d'un effondrement de l'alimentation électrique. Ils montrent qu'avec les constructions d'installations solaires et éoliennes qui sont en cours, l'Allemagne est en bonne voie. Si nous prenons enfin au sérieux les économies d'énergie et l'efficacité énergétique, et que pour cela nous empêchons le [Ministre de l'économie] Rössler de nous freiner, si nous démarrons la gestion de charge (c'est-à-dire la redirection de consommateurs flexibles vers une offre bon marché), le développement des réseaux et la construction de capacités de stockage, alors nous pourrons fermer rapidement toutes les centrales nucléaires et en même temps réduire de plus en plus l'utilisation des centrales au charbon, qui sont nuisibles pour le climat.

Comme le courant d'origine renouvelables permet de réduire les importations d'énergie et mène directement à la création de richesse dans notre pays, il permet de créer des emplois et revenus. Même l'utilisation de "modules chinois" génère jusqu'à 90 % de valeur ajoutée en Allemagne. De plus, le courant d'origine éolienne ou solaire ne nécessite aucun carburant et devient chaque année moins cher. Bientôt, l'Allemagne sera le pays industrialisé doté du système de production électrique le plus moderne et le moins cher.